la communication non verbale

geste,émotion,interaction,analyse conversationnelle,multimodalité

mardi 13 octobre 2009

Journée sur les émotions le 17 octobre 09 (Paris)

Elles nous comblent, nous trahissent, nous révèlent, nous troublent… Peut-on vraiment les contrôler ? On les refoule ou on les partage. Est-ce parce qu’on les juge négatives ou positives ? Longtemps considérées comme les ennemies de la raison et classées au registre de la passion, les émotions ont aujourd’hui dépassé cette traditionnelle opposition. Depuis une dizaine d’années, sous l’éclairage convergent des neurosciences, des sciences cognitives et de la psychologie, s’impose l’idée que les émotions jouent un rôle important dans le processus de raisonnement et de décision. Elles seraient même un “excellent compagnon de l’intelligence” !

C'est sous ce thème que La cité des Sciences propose le samedi 17 octobre un programme original, dédié aux recherches interdisciplinaire sur les émotions.

suivre le lien: http://www.lutin-userlab.fr/accueil/documents/cite-college-emotion.pdf

lundi 12 octobre 2009

Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu'on fait des gestes ?

Une catégorie intéressante dans la communication est celle des gestes référentiels (dits aussi propositionnels ), qui englobe notamment les gestes de mimes d’objets ou d’action (ex : on se téléphone) , les gestes iconiques (grand comme ça) , spatiographes (la 3e à droite) ou métaphoriques. Quelques recherches neuropsychlogiques sur la compréhension de ces gestes (notamment Feyereisen) viennent apporter un éclairage intéressant sur les relations entre geste et parole qui sont entretenues au niveau des structures de la signification du cerveau . Plus récemment des chercheurs italiens (Bernardis et col.) ont mené une nouvelle expérience à partir de gestes de mime .
Dans la première phase ils présentaient une courte séquence vidéo montrant des gestes de mimes d’objets ou mimes d’actions : une paire de lunettes, frapper à la porte, déclencher une photo, visser quelque chose etc….. Chaque séquence était accompagnée d’un mot correspondant au mime de geste, ou bien d’un mot volontairement discordant en vue du test . Il ressort que la présentation du geste joue bien un effet d’amorçage sémantique facilitant la reconnaissance des actions ou des objets . Les temps de réaction exprimés en millisecondes montrent que les gestes iconiques facilitent et accélèrent les représentations mentales en coopération avec les mots . A l’inverse en cas de geste discordant (manipulation du test) avec le mot qui le décrit , il se crée une interférence qui retarde la reconnaissance même du mot.
Puis dans une seconde étape les chercheurs utilisent un système d’analyse électrophysiologique pour mesurer ce qui se passe lorsque des sujets voient les clips vidéo. Ces derniers devaient nommer le mot qui apparaissait très brièvement à l’écran . Tout comme dans l’expérience précédente le geste jouait en cela un effet positif (amorçage) ou négatif (interférence) selon qu’il était concordant ou discordant . Des électrodes ont été placées sur 28 zones stratégiques du cerveau .
L’activité cérébrale était mesurée grâce à l’indice N400 , souvent utilisé en contexte linguistique pour tester comment est intégrée une information sémantique anormale (ex : un mot incongru dans une phrase, un mot discordant ou inattendu pour décrire une image, etc) . Les ondes obtenues après 250 millisecondes de réaction du cerveau au stimulus, montrent alors des indices positifs ou négatifs selon la cohérence de la paire geste-mot .
Les graphes (extrait) montrent l'intensité du N400 en cas de geste discordant . source: Bernardis & al (op.cit.)

Avec quels résultats ? Lorsque le mot est précédé par un geste inadéquat l’amplitude du graphe de l’indice N 400 montre une interférence "parasite" statistiquement validée par une analyse de variance ANOVA. Cette interférence reflète alors la difficulté de connexion entre ce geste et la représentation mentale, donc une difficulté d’intégration sémantique . Cet effet N400 est principalement observé dans l’hémisphère gauche , et plutôt au niveau des régions centro-pariétales et antérieures . A l’opposé les ondes obtenues en présentant des paires correctes geste-mot montrent un moindre besoin de traitement, et un moindre effet N400.
Ces résultats conforteraient les théories de Mc Neill qui soutient qu’au cours de la parole le geste suscite des structures de significations qui interagissent avec la pensée du locuteur au niveau conceptuel même. Geste et langage partagent alors une structure cognitive commune au niveau de la production du sens. Selon une seconde hypothèse (Butterworth, Hadar, Krauss ), les gestes ne correspondent pas à des contenus propositionnels dans le cerveau du locuteur , mais chronologiquement ils dérivent du lexique (autrement dit on penserait d’abord les mots avant que des gestes viennent les illustrer). L’expérience soutient plutôt la première hypothèse , pour laquelle le geste représente une forme primitive et préparatoire de l’énonciation, car elle montre que lorsque l’amorçage lexical est concordant, les mots sont formés plus rapidement (intégration sémantique)
A rappeler toutefois que le caractère expérimental de cette étude impose une certaine segmentation des indices pour les quantifier et les valider . Bien plus complexe encore pour l'expérimentateur serait une étude par EEG qui permettrait , lors de la production de phrases complètes , d'observer de quelle manière le geste coopère dans la multimodalité sémantique . D'autres méthodes ont mis en évidence ces interactions , par exemple lors de situations où le locuteur est autorisé /non autorisé à émettre des gestes . Si on installait alors des électrodes sur leur cerveau on obtiendrait au niveau des ondes cervicales une masse de données considérable mais qui se prêterait difficilement aux exigences de l'analyse statistique, laquelle est censée assigner aux résultats un caractère empirique. Complémentaires avec les analyses de variance , les études plus qualitatives et intra-individuelles, de type phénoménologique, peuvent apporter d'autres indices certes non généralisables, mais tout aussi pertinents dans le débat théorique.

Pour en savoir plus : Behavioural and neurophysiological evidence of semantic
interaction between iconic gestures and words. P. Bernardis ; E. Salillas ; N. Caramelli
Neuropsychology, Volume 25, Issue 7 & 8 October 2008 , pages 1114 – 1128.
Bases électro-physiologiques de la sémantique des objets
http://www.edk.fr/reserve/revues/ms_papier/e-docs/00/00/0A/51/document_article.md
Feyereisen, P. (2006). Further investigation on the mnemonic effect of gestures: Their meaning matters. European Journal of Cognitive Psychology, 18, 185–205.

jeudi 10 septembre 2009

Les langues signées, recherches et échanges à l'international

Le 18 Août dernier à Cologne un colloque sur les Langues des Signes en Afrique dans le cadre du Congrès Mondial de Linguistique Africaine (WOCAL6), celui-ci a permis d'observer les propriétés communes mais aussi ls variations entre langues signées de différents pays d'afrique francophone. On sait que par exemple la LSF et l'ASL nord américain ont près de la moitié de signes analogues et qu'il y a des possibilités d'intercompréhension sur une partie du répertoire entre plusieurs langues "nationales" des sourds. Un autre évènement aura lieu prochainement : le Colloque international sur les langues des signes qui se tiendra du 16 au 20 novembre 2009 à l'université belge de Namur:

dimanche 5 juillet 2009

Synergologie et décryptages tous azimuts, "arrêtons de décoder"


Vaste objet de recherches, la gestuelle fait aussi l’objet de dérives interprétatives, qui intéressent d’ailleurs pas mal le monde de l’édition . En feuilletant en kiosque de gare certains de ces ouvrages à la limite de la parapsychologie , vous apprendrez ainsi que chaque geste que vous entreprenez (se pincer le lobe auriculaire gauche avec la main droite par exemple) , est fortement chargé de symbolisme : c’est à coup sûr, un signe qui vous qualifie ou vous disqualifie dans votre vie sociale . Dans une interview télévisée l’un de ces exégètes , Joseph Messinger, révèle par exemple que si Nicolas Sarkozy se frotte les sourcils c’est qu’il révèle alors un signe positif d’appartenance aux individus tribaux-créatifs (une illustration parmi d’autres de sa lecture des gestes présidentiels, décryptés un peu à la manière dont l’inconscient vagabonde et bavarde devant un test projectif) .
Ces discours aux postulats expéditifs , notamment la synergologie dont le néologisme fait saillie, posent question . En effet le " sens caché " du non verbal fait l’objet d’une fascination mêlée d’inquiétude dans le grand public : et si nous étions jugés en quelques instants grâce à quelques clefs secrètes au vu de notre expression non verbale, réputée plus authentique et moins falsifiable que les mots ? Comment se protéger alors si ce n’est en apprenant ces codes redoutables que certains livres , tels une méthode de langue étrangère, révèlent au public ?
Certains chercheurs mettent les pieds dans le plat ; on se souvient des critiques d’Yves Winkin à l’égard de la PNL. Tout récemment, Pascal Lardellier professeur en SIC à l'Université de Bourgogne, présentait une conférence sur le thème : Pour une lecture critique des gourous du décodage non-verbal, des sciences aux pseudosciences de la communication. Pascal Lardellier est également l’auteur d’un ouvrage dont le sous-titre évocateur tire la sonnette d’alarme : Pour en finir avec les gourous de la communication , arrêtez de décoder. Pascal Lardellier, L’HÈBE, 2008 . Présentation de l’auteur :
" Les relations interpersonnelles fascinent à juste titre, avec leur part de surprise et de mystère. Car les rapports que nous entretenons avec nos amis, nos collègues et nos connaissances sont faits de mots et de gestes, dès que nous sommes devant autrui. Existe-t-il pour autant un " langage secret du corps " qui dévoilerait nos intentions et révèlerait même notre nature profonde ? Depuis quelques années, nombre d’ouvrages proposent de " décoder les gestes " et de " décrypter le sens caché du non-verbal ". De nouvelles " disciplines " (telle la " synergologie ") permettraient ainsi de " lire dans autrui à livre ouvert ". Et les relations n’auraient plus de secrets pour ceux qui " possèdent les clefs ".
Les " bonimenteurs " tenant ces promesses répondent une demande sociale et professionnelle : le " décryptage de la gestuelle " est devenu un véritable business, et ces pseudo-théories sont appliquées dans la formation continue ou du recrutement. En attendant d’entrer à l’Université ? En tout cas, les " gourous de la com " détournent à toutes fins utiles les codes et le style scientifiques. En fait, tous ces auteurs font des promesses irréalistes et pour tout dire dangereuses. Car qui peut sérieusement prétendre " lire dans le corps et les pensées d’autrui " ?
L’enquête menée dans ces pages s’attache à mettre au jour les ressorts d’une imposture scientifique, en révélant l’incroyable faiblesse de toutes ces " théories ". Replaçant ces " bonimenteurs " dans un contexte historique, social et professionnel, nous démontons leur rhétorique, et pénétrons au cœur de leur système. On découvre ainsi que la prose des " bonimenteurs " est porteuse d’une idéologie aux accents libéraux et aux résonances quasi-sectaires. Il convient de suivre la " parole du Maître ". Pour eux, " les relations doivent être " rentables, efficaces, transparentes ". Et coûte que coûte, il faut prendre l’ascendant sur l’autre ". Curieuse vision des rapports humains, qui semble gagner du terrain.
De nombreux experts (psychanalystes, sociologues, sémioticiens…) apportent ici leur éclairage sur la vogue des bonimenteurs. Plus largement, une réflexion est proposée sur la " psychologisation " de notre société, et les raisons de l’actuelle " frénésie communicationnelle ".
Cet ouvrage, qui assume sa veine polémique, entend rétablir certaines vérités sur les relations interpersonnelles, qui ne sont pas des marchandises. Puisse-t-il permettre le retour à un peu de bon sens dans la manière d’aborder autrui. Car il est urgent de redonner tout son sens à la parole et à l’écoute, et surtout, il faut arrêter de décoder. "

jeudi 18 juin 2009

colloque Ecritures du Corps


Le colloque international ÉCRITURES DU CORPS se tiendra les 18-20 novembre 2010 à l’ Université Paris 13 . Les écritures du corps y seront envisagées sous trois aspects :
1. Littérature : écritures et représentations littéraires du corps, évolution historique du traitement littéraire du corps, perspectives comparatistes et interculturelles, matérialité corporelle de la littérature (questions de la voix, de la corporalité de la lecture), corporalité du texte (problématiques liées au fait d’envisager le texte comme corps). Comment l’écriture scientifique du corps détermine-t-elle l’écriture littéraire du corps ?
2. Langue, texte, discours : écritures corporelles (tatouages, stigmates, scarifications, etc.), dimension corporelle de la production verbale (mimo-gestuelle, posturale, environnementale), biologie du sens, dimensions psychiques et cognitives (questions de la perception, de la métaphore spatiale, de la mémoire sémantique et discursive, du corps comme texte psychique, du symptôme comme texte).
3. Sémiotiques non verbales ou multimodales : le corps comme élément de la production langagière, en particulier dans l’interaction, le corps comme signe/sens dans les arts plastiques, les arts du spectacle (théâtre, cinéma, télévision…), l’art comme discours social, culturel, voire politique sur le corps.

jeudi 4 juin 2009

L'intonation vocale à la radio, une affaire de morale communicationnelle


Quelque chose ne va pas dans la prosodie vocale des présentateurs radio . Sans doute avez vous remarqué que l’intonation des animateurs de la " bande fm " était plus frétillante sur des radios musicales comme Skyrock , que par exemple sur France culture où le ton est plus posé, l’articulation plus lente, les crêtes d’intensité plus modérées , certains diraient que le ton sur France Culture est plus académique . Donc c'est un choix de registre.
On apprend aux conseillers en phoning à sourire au téléphone . L’intention du message, l’émotion de son auteur, passent par la prosodie vocale, et d’une voix souriante on peut inférer que le locuteur sourit.
Mais alors que devrait-on penser d’un speaker qui sourirait , mimiquement ou vocalement en annonçant un drame ? Il n’est pas rare sur certaines fréquences d’entrendre l’annonce successive d’une victoire sportive, puis l’enlèvement d’une fillette à peu près sur le même ton enjoué, avant que le plateau n'envoie entre deux badinages le jingle musical (elle est pas belle la vie ?) .

On imagine mal à la TV un présentateur qui annoncerait un tremblement de terre avec le sourire . Mais à la radio aussi , il y a du sens dans le non verbal quand bien même il est non visuel : quand apprendra-t-on aux journalistes en formation, qu'à la radio leur expression non verbale transparait de leurs intonations ?
Ce jeudi, j’écoutais France info , qui tout de même n’est pas Rire et Chansons. La présentatrice , peut être émoustillée par l’annonce du week end ensoleillé , semblait en pleine forme , et sur un ton plein d’entrain , d'annoncer à son auditoire les titres à venir : direction Roland Garros, la " couleur du ciel " , puis sans discontinuer dans la mélodie vocale : " et enfin, cap sur le Brésil où les opérations récupération de débris de l'avion ont commencé " .
Passons sur le langage (cap sur … , on se croirait à Fort Boyard) , reste le paralangage : un minimum de solennité semblerait de circonstance . Certes cette journaliste , qui annonce chaque jour bonnes et mauvaises nouvelles ,doit être un peu blindée . Mais sans parler de solennité à outrance un mimimum d’empathie dans la voix , à quelques jours d'une catastrophe aérienne pour de telles circonstances, paraitrait plus décent et discréditerait moins l’image de professionalisme que l’on attend de son journal . On n'annonce pas les titres d'une telle actualité comme un menu aguichant. Le langage verbal s'apprend à l'école mais pas le paraverbal; par contre dans des écoles de communication telles que les instituts de journalisme , l'accent devrait être mis davantage sur cette dimension , quelque part morale, du paralangage.

lundi 13 avril 2009

Communiquer virtuellement sans visibilité réciproque: quels signes supplétifs?




La communication synchrone par chatrooms a toujours soulevé des problèmes intéressants sur le plan de l’alternance des tours de parole, en raison de la non visibilité réciproque des acteurs . Lorsqu’un participant adresse un message à la cantonade sur le chat où des habitués se retrouvent pour papoter, aucune règle ne décrit à qui est-ce le tour de s’exprimer . Eventuellement c’est le plus habile au clavier qui l’emportera .
En situation non virtuelle certains indices permettent de définir implicitement qui veut parler à son tour , ou bien à qui on passe la parole , grâce à des indices comme : regard circulaire ou préférentiel, invitation du menton, lever le doigt dans une réunion, etc . (cf. Cosnier: Grands tours et petits tours , Echanges sur la conversation, CNRS éditions 88)
Si ces indices sociaux font donc défaut dans les sessions de chat, d’autres signes non verbaux, les smileys, permettent à tout le moins d’exprimer avec quelle intention ou émet ou on reçoit une phrase , par exemple de gérer l'ironie, le clin d'oeil complice ,etc . Mais cette signalétique ne couvre que partiellement les besoins liés à la tendance high tech de l'époque: communiquer par avatars virtuels interposés dans des environnements immersifs. Dans Second Life, les corps virtuels peuvent être animés par certains gestes et variations posturales faisant partie d’une bibliothèque de gestes (rire, applaudir , danser …) Ces gestes sont plus limités que ceux qui entrent dans les compétences des agents intelligents conversationnels utilisés sur certains portails web .
La limite technique des possibilités d’expression gestuelle par avatar interposés induit donc certains problèmes communicationnels non résolus. Par exemple lors d’un cours sur tel campus numérique, les élèves virtuels installés sur un parterre ensoleillé écoutent le professeur puis interviennent pour poser des questions ou se répondre mutuellement . Nos humanoides peuvent alors se regrouper par affinités pour échanger des idées et créer un sous-groupe de chat , ou collaborer tous ensemble à un projet commun … Dans toutes ces situations se rencontrent un peu les mêmes obstacles conversationnels : parfois tout le monde parle à la fois , on ne sait pas trop si telle remarque est dite avec humour ou controverse, etc… La panoplie de signes non verbaux demeure pour le moment insuffisante (quoique certains gestes puissent être achetés au même titre qu'un tatouage ou des plumes , sur Second Life ...).
Certains chercheurs dont ceux du consortium MyBlog3D se sont attelés à ce difficile problème : comment gérer sur des avatars la direction du regard , les expressions de visage, rendre congruentes l’expression de voix d’un intervenant et l’expression faciale de son avatar, comment reconstituer des signes de passation de parole, d’acquiescement, de désapprobation, etc…
Le support expérimental de ce projet audacieux est actuellement basé sur des simulations d’entretien de recrutement par avatars interposés. Un avant gout du modèle de société qui nous attend d'ici une paire d'années ?
Pour un aperçu des travaux en cours (projet Myblog 3D):
http://pperes.wordpress.com/2008/10/16/myblog3d-realite-virtuelle-et-ihm-multimodale/
Puis, une conférence en ligne pointant des questions sur l'univers Sd Life:

mardi 17 mars 2009

Journées d'étude APOGESTE sur l'oculométrie en analyse gestuelle



Les secondes journées d’étude Apogeste ont eu lieu sur le site de MultiCom les 22 et 23 janvier 09, présentées par Jean Caelen, Anne Pellegrin et Brigitte Meillon . Elles ont permis de dresser un état de l’art des techniques oculométriques puis de mettre le projecteur sur l’application de ces techniques en SHS, en ergonomie (cf. les études menées par Multicom dans le domaine de la gestion de l’attention en contrôle aérien ou bien lors de gestes chirurgicaux ). Ces présentations d’expérimentations ont fortement suscité l’intérêt des chercheurs qui ont envisagé à la suite des perspectives d’études novatrices assistées par eye tracking au sein du réseau Apogeste. Entre autres a été discuté l’apport que constituerait cet outil de mesure pour analyser les ancrages du regard en langue des signes . A cet égard les participants ont été spécialement intéressés par les applications offertes par le matériel Mobile Eye ASL en situation embarquée .

mardi 17 février 2009

Conférence N. Sarkozy , Alain Duhamel et les télescopages du questionnement

Est-ce que ce soir là le président Sarkozy avait une dent contre Alain Duhamel , venait il de lire son dernier ouvrage La marche consulaire ? De leur côté, ses confrères entendaient ils dans le sillage du Parisien Libéré, contester qu'il fût l'interviewer le mieux placé au sein de RTL ? Le journaliste a eu du mal à " en placer une " selon sa propre formule , entre Sarkozy qui se tournait vers les autres journalistes lorsqu’il le questionnait , et son confère D. Pujadas , qui n'avait de cesse de reformuler ses questions comme pour les simplifier, éventuellement relayé par L. Ferrari. Ceci ayant pour effet de détourner le sujet et , on le conçoit, de frustrer Duhamel de la réponse qui lui était due .
Situation d’autant plus frustrante pour le journaliste invité, que dans la phase précédente de la conférence de presse Guy Lagache, avait posé ses marques assez ostensiblement sur le plateau à grand renfort de gestes aériens à la Jean-François Kahn . Interrompre à tout bout de champ n'est pas , en présence du 'premier des français' tout à fait d'usage, mais les journalistes cultivent une autre méthode: rebondir sur un mot comme s'il faisait tilt , saisir les places transitionnelles légitimes ou non, pour placer l’amorce canonique " alors : justement Monsieur le Président … " et asséner un point final à ce qui vient d'être dit . Les pauses séparant les phrases de l’interviewé sont une opportunité légitime d’interruption puisqu’elles peuvent être interprétées comme une intention de céder la place aux questions. Plus discourtoise et moins discrète, l’interruption pendant une pause intra-phrase (délai de réflexion, respiration entre groupes de mots ) peut être renforcée par un marquage visuel en guise de séparateur : changement de posture de l’interrupteur , déploiement soudain d’un geste de cloture , doigt pointé vers l’invité .
Pour sa part, lorsqu'il entre en scène après avoir attendu sagement son tour pendant que Lagache s'efforçait de parer sa prestation du plus bel éclat, Duhamel se trouve aux côtés d’un Président qui souvent l’ignore du regard, tandis que ses confrères du plateau (D. Pujadas, L. Ferrari) lui font de l'ombre en venant se greffer inopinément sur ses questions , d'où divers télescopages conversationnels dont il se serait bien dispensé et qui redistribuaient la donne de l'interlocuteur légitime.
fragment 1
N. Sarkozy : " J’avais imposé aux Etats Unis le sommet de Washington pour refondre l’ordre mondial financier … "
A. Duhamel tente d’interrompre suite à ce qu'il voit comme une dérive à l'endroit de sa question précédente : " on va y revenir mais … " (Sarkozy n'en a rien à faire et poursuit, refusant sans détour le recadrage)
fragment 2
N. Sarkozy : " Les agences de notation américaines ont fait un travail détestable " (il développe)
A. Duhamel tente de couper : " qu’est ce que vous proposez " ? Pendant que Sarkozy inspire pour répondre, D.Pujadas interpose une toute autre question " Elles se sont trompées ou elles étaient complices ? ". Effet réussi, Sarkozy se tourne vers le journaliste de France 2 : " En tout état de cause ellles n’ont pas joué leur rôle car " ... Duhamel interrompt et ramène l’attention vers lui , comme pour rappeler sa présence : " et puis en tout état de cause.. " Cafouillage à deux voix puis Duhamel réussit tant bien que mal, à se re-positionner en fin de phrase : " et en tout état de cause c’est les banques qui payent les agences de notation ".
fragment 3
N. Sarkozy : " Les anglais ont choisi la relance par la consommation, avec la baisse de la TVA, et …. "
A. Duhamel (soudain) " Alors : justement ! … " il tente d’interrompre mais sans succès ; son geste prosodique reste suspendu en l’air de façon un peu pataude.
Sarkozy poursuit : " ça n’a amené aucun progrès " L. Ferrari essaye d’interrompre, Duhamel neutralise son intention et justifie sa précédente tentative de manière un peu autocentrée : " ça a au moins amené la question que je voulais vous poser car c’était justement là dessus (il développe)

fragment 4
Sarkozy : " Sur la règle que j’ai fixée du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux … ( L. Ferrari tente de l'interrompre)
Duhamel , outré: " Mais mais mais ! ! ! eh Eh eh ! ! ! Si vous permettez !! (rotations de la tête ) euh , tout ça c’est … " Il tente d'intervenir mais excédé par la situation, semble avoir perdu le fil de sa pensée . Pujadas , plutôt amusé qu'intimidé , profite de la confusion : " Alain pardon" et confisque à Duhamel son tour de parole en accentue par un geste iconique sur le mot plafond : " vous vous fixez un plafond pour la dette publique ? "
N.Sarkozy répond à D. Pujadas , et à nouveau ignore du regard A. Duhamel.

fragment 5 (toujours à propos des fonctionnaires , Sarkozy ) : " et je n’ai pas souvenir que la France ait été sous administrée " . L. Ferrari tente d’intervenir . Duhamel coupe court par un geste de régulation bimanuel (aperçu)

" Non mais attendez, attendez je voudrais placer un mot la- dessus " . A nouveau pas de chance, c'est vers Laurence Ferrari que le président se tourne : "et ce serait au détriment des fonctionnaires ?" enchaîne-t-elle encore . A. Duhamel tente à nouveau de quitter l'arrière-scène : "alors! sur, sur les emplois publics..." . Echec et mat : "non, poursuit Sarkozy à l'adresse de la journaliste , pas au détriment des fonctionnaires" et de poursuivre en omettant d'entendre une fois de plus celui dont la prose l'a inscrit dans le bonapartisme.
revoir l'extrait :

mardi 20 janvier 2009

Les gestes intensifs et leur correspondance multimodale , l’annotation des gestes


Le laboratoire Parole et Langage mène en France des travaux particulièrement novateurs dans le domaine de la communication langagière, des analyses de discours, de la pragmatique. Certaines de ses études sont consacrées aux relations entre geste et discours. L'un d'entre elles , signalée ensuite , a permis d'analyser certains marqueurs d'emphase tels que les mouvements de sourcils, l’accentuation du regard , les variations prosodiques . Cette étude a procédé par une étape de formalisation des indices en les intégrant dans une grille multimodale, permettant d’observer sur l’échelle de temps le synchronisme de certains phénomènes . De cette façon il apparait , que l’intensification des gestes est liée notamment à la présence d’adverbes ; les liaisons entre prosodie vocale et accentuation corporelle ont également été expérimentées.

Lien vers cet article : http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/17/37/29/PDF/3066.pdf

Site internet de l'UMR Parole et Langage : http://www.lpl.univ-aix.fr/
Article sur la méthodologie d’annotation (corpus CID) :
http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/34/98/93/PDF/3427.pdf

lundi 12 janvier 2009

Le regard en communication enseignant-élève: une étude de modélisation


Le rôle de la communication non verbale dans le cadre de la formation ou de l’enseignement a donné lieu à diverses études. Ces dernières montrent par exemple que certains gestes référentiels, permettent d’illustrer certains contenus , ou même d’aider à leur mémorisation en stimulant des compétences de traitement cognitif parallèles au langage . Le corps de l'enseignant est aussi un vecteur de projections affectives et de motivation , notamment sa distance , la distribution du regard (générale ? sélective ? exclusive ?) .
Une étude de la communication enseignant – apprenant a été menée par un groupe de chercheurs orientés en conception d’ agents pédagogiques animés . Ce genre de personnage est intégré dans un environnement virtuel pédagogique en 3 dimensions et peut motiver par sa "multimodalité": expressions émotionnelles, postures , gestes susceptibles d’être interprêtés par l’apprenant. Mais comment modéliser alors la communication paraverbale d’enseignants ? Justement, cette étude a consisté à filmer des interactions entre enseignants et apprenants puis à appliquer des méthodes d’annotation multi-niveaux. La mesure du regard, révèle entre autres que lorsque un élève est faible, la probabilité pour que l’enseignant regarde l’élève est de 0,33 alors que si l'élève est classé fort, cette probabilité s’élève à 0,67 ...
Ces résultats restent empiriques mais confirmeraient diverses études montrant l’importance décisionnelle jouée par la représentation du formateur à propos des compétences de l'apprenant (on se souvient de l'effet Pygmalion) : plus l'élève a l'air méritant et plus il obtient d'affects positifs qui ne peuvent que renforcer son mérite .
Les mesures obtenues permettront ensuite d’implémenter des modes de répartition du regard du prototype de l’agent pédagogique . Il est alors permis de supposer que le tuteur virtuel ne répliquera pas les mêmes disparités de regard selon le niveau des élèves mais qu'il leur accordera sans distinction toute son empathie ...
http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2007/12-farouk/sticef_2007_farouk_12.htm

jeudi 11 décembre 2008

Le corps et les médias - La chair éprouvée par les médias et les espaces sociaux

Eprouver les corps pour marquer les esprits: l'objectif de ce livre est de comprendre comment et pourquoi ce phénomène se développe et se généralise et quelles en sont les raisons anthropologiques et sociales.
Mettre en mouvement les corps par l'émotion est l'un des objectifs centraux des stratégies de communication à finalité commerciale. Ce recours massif à la communication affective caractérise le capitalisme. Or, depuis le début du XXe siècle, la question de l'affectivité a été majoritairement traitée, en France, par la psychologie et la psychanalyse au détriment de la sociologie. Pourtant, fin XIXe, des sociologues tel que G. Simmel ou G. Tarde ont développé cette thèse d'une affectivité au coeur de la construction de la société moderne.
Seul un regard transdisciplinaire peut permettre de comprendre que le corps est actif justement par le biais des émotions, non seulement devant la télévision mais aussi au sein de l'ensemble des espaces sociaux qui composent la vie quotidienne (de la maison à la ville en passant sur internet, etc.), et les raisons pour lesquelles ce procédé est de plus en plus recherché. En particulier, émouvoir pour transmettre une idéologie est une stratégie qui se déploie et se généralise, car elle répond aux processus d'appréhension du monde par l'être humain. Mais elle confère aux acteurs du marketing et de la communication une très grande responsabilité sociétale.
  • novembre 2008, Editeur De Boeck, collection Culture et CommunicationISBN : 978-2-8041-5919-1
Fabienne Martin-Juchat est professeur à l'Université de Grenoble 3 et directrice adjointe de l'UFR des Sciences de la Communication - Institut de la Communication et des Médias. Elle est également directrice de recherches au GRESEC (Groupe de recherches sur les enjeux de la communication), où elle est responsable de l'axe "Ancrage social des techniques en Information-Communication".

jeudi 20 novembre 2008

Amplitude et intensité, facteurs de l’expressivité coverbale - focus sur la gestuelle des leaders politiques

La notion de style expressif gestuel est un domaine qui a été beaucoup moins étudié que l’expressivité faciale et vocale. Pourtant la fonction expressive du geste entretient les relations les plus étroites avec la régulation de l’attention, la persuasion, la motivation . Dans l'article proposé je me suis intéressé à deux dimensions du style expressif souvent interdépendantes: l’intensité des gestes , et l’expansivité ou amplitude des mouvements. Comme champ d’application, le comportement co-verbal de candidats aux élections présidentielles, a été analysé. En effet parmi les signes échangés lors de la rituelle confrontation devant les caméras on retient généralement les mots clefs de chaque partie mais qu’en est il des gestes de chacun et de leur impact sur le spectateur ?

Suite à des investigations plus anciennes sur la gestuelle de Chirac et Jospin, ceci m'a conduit à analyser les gestes de N. Sarkozy et S. Royal lors du débat télévisuel de 2007.

jeudi 6 novembre 2008

Mensonge et clignements des yeux, une étude récente


De nombreuses recherches, comme celle de Ekman, ont montré que la production d’un mensoinge générait des signes de stress, éventuellement accompagnés de stratégies de masquage (ex : détournement des yeux, sourire pendant le mensonge) . On se souvient également des controverses soulevées aux USA par le test Polygraph . Pour la parenthèse, le développeur AgileMobile a mis au point un détecteur de mensonges interfaçable sur les "smart phones" , capable d’analyser les intonations de voix de l’interlocuteur pour les traduire en graphiques sur l’écran du portable.
Plus sérieusement,des scientifiques ont montré que l’activité de mensonge pouvait être détectée par des micro-comportements tels que les clignements des yeux . Mais une étude récente de la Portsmouth University suggère que les cligements sont beaucoup moins fréquents pendant la formulation mensongère qu’à la suite de cet acte (8 fois plus de battements après coup ) . En fait, les clignements fonctionnent comme une libération d'énergie après la tension liée au mensonge .
Cet article est paru au dernier numéro de l'excellent Journal of Nonverbal Behavior (vol. 32/4) . Autre articles au sommaire de ce numéro de décembre 08 :
In a Nervous Voice: Acoustic Analysis and Perception of Anxiety in Social Phobics’ Speech ; Emotional Empathy and Facial Feedback ; Rapid Emotional Contagion and Expressive Congruence Under Strong Test Conditions ; Attaining Status at the Expense of Likeability: Pilfering Power Through Conversational Interruption

vendredi 19 septembre 2008

Une téléphonie mobile et visuelle pour les malentendants

Mis au point par l'université de Washington, le logiciel MobileASL permet aux sourds muets de discuter en langage des signes sur leur téléphone mobile de façon plus interactive que par SMS. Ce système de communication vidéo permet aux deux interlocuteurs de se voir simultanément, grâce à la caméra et l'écran intégrés. Un verrou technique, celui de la bande passante et de la dégradation du signal , a pu être résolu par une partition de l'écran en zones d'intérêt prioritaire et secondaire.
Afin d'en arriver là, un système de capteurs a permis de remarquer que le regard des locuteurs, tandis qu'ils parlaient en langage des signes , était dirigé principalement vers le visage de leur interlocuteur (ce qu'on remarque d'ailleurs entre locuteurs non malentendants, cf. notamment les études eye tracking de Barrier, Caelen & al. ) .
Forts de ce constat , les auteurs de ce projet piloté par Eve Riskin , ont élaboré un dispositif qui restitue en haute résolution l'image des mains et du visage des interlocuteurs, alors que le reste de l'image est en basse résolution. Mais mieux encore , afin d'optimiser les performances de transmission des données, ils étudient un protocole qui affichera les mains des interlocuteurs en haute résolution seulement lorsqu'elles sont en mouvement, ceci afin d'économiser de la batterie.

mercredi 3 septembre 2008

Le rôle du geste dans l'apprentissage linguistique

Différents travaux francophones ont montré la fonction décisive du geste dans l'apprentissage d'une langue seconde. A l'international, les travaux de Goldin-Meadow à Chicago font également référence dans ce domaine . Un nouvel ouvrage aux Etats Unis est dédié à l'utilisation et la compréhension du geste comme aspect de la communication , et montre l'importance des indices gestuels lors de l'acquisition langagière, aussi bien en situation classe qu'en situation réelle, par exemple lorsqu'on sollicite le renfort de l'image mentale pour lever une ambiguité en cas de difficulté lexicale.
Cet ouvrage de 304 pages est disponible notamment sur les boutiques d'ouvrage en ligne, aux alentours de 36 euros.
Gesture: Second Language Acquisition and Classroom Research. Steven G. McCafferty and Gale Stam . 2008 New York.Routledge

vendredi 25 juillet 2008

3eme Workshop français sur les Agents Conversationnels Animes

L'objectif du workshop WACA'2008 (PARIS 27 - 28 novembre 2008 ) est de recenser et de reunir les travaux deja en cours sur les ACA afin que les chercheurs des trois communautes scientifiques concernees puissent echanger leurs outils et leurs methodes. Les soumissions d'articles sur les thèmes particulièrement émergents de "Agents Rationnels & Emotionnels" et "Agents Sociaux" sont encouragées. Les themes suggérés couvrent cependant l'essentiel du domaine :
Modeles :
- Representation des connaissances et raisonnement des agents, - Interaction multimodale,
- Emotion et communication
- Systemes conversationnels
Architectures et Outils :
- Architectures logicielles pour le deploiement des agents dans les applications,
- Architectures d'integration des modalites necessaires aux agents, - Architectures et technologies d'animation des agents
Applications et Evaluations :
- Methodologies d'evaluation
- Construction et traitement de corpus d'interactions
- Plateformes d'experimentation
- Applications et retours d'experience
WACA'2008 est co-organise par les laboratoires LIMSI-CNRS et LIP6.

jeudi 10 juillet 2008

Le sens de la danse. Urbino (14 septembre 08)

Le sens de la danse - Dance research et pratiques transmediales -
Discours de la danse, analyse textuelle, notation, sont autant de mots-clé de ce colloque. Dans beaucoup de danses contemporaines , il semble que le moment du spectacle vivant ne soit pas tellement différent du spectacle de danse technologiquement réalisé dans ses diverses déclinations vidéos ou digitales. Cela remet en jeu des notions telles que énonciation et énoncé, à partir de corps mouvants " lourds ", ou bien " légers ", virtuels et technologiques. Parmi la multitude de visions du corps proposées par la danse, il y a notamment celle d’un corps contenant des identités et porteur de subjectivités même multiples, mais il y a aussi celle d’un corps qui est essentiellement substance somatique du mouvement, caractérisée par la plasticité figurale, altérable et souvent altérée quand elle rencontre les technologies manipulatoires .
Notre intention est celle d’ouvrir ce colloque aux contributions de différentes disciplines dans le but quelle puissent se confronter sur ces thèmes essentiels pour la recherche sémiotique contemporaine. Les recherches anthropologique, aussi bien que celles dans les differents domaines de la danse et des média, pourront nous aider à aller plus au fond dans l’exploration des textes chorégraphiques, essentiellement syncrétiques et poli-sensoriels, en mettant en évidence leurs relations sémiotiques et intersémiotiques ; ce qui permettra de définir chaque fois, pour chacun d’eux, le sens de la danse.
Centro Internazionale di Semiotica e LinguisticaUniversità degli Studi di Urbino "Carlo Bo" 14 septembre 2008. Coordinateurs: Nicola Dusi (Università di Modena e Reggio Emilia), Cristina Righi (Università di Bologna), Kathleen Delaney (ATCA, Amsterdam)

jeudi 12 juin 2008

La langue des signes sera enseignée à l'école dès la rentrée

Pour la première fois cette année, 200 lycéens, malentendants ou non, présentent à l’oral du baccalauréat l’épreuve facultative «langue des signes. La langue des signes française (LSF) sera désormais enseignée aux élèves sourds des écoles maternelles et élémentaires dont les parents auront fait le choix d'un enseignement en mode bilingue (français et LSF).

Congrès : geste, concrétisation et abstraction (Stuttgart, oct 08)

Jacques Cosnier nous signale l'appel à contributions du 12e congrès interational de la société allemande de sémiotique German Society for Semiotics sur le thème: "le concret comme signe" à Stuttgart, du 9 au 12 octobre 08.
GESTURES IN COMMUNICATION: PROCESSES OF CONCRETIZATION AND ABSTRACTION (extrait de l'appel)
We invite contributions addressing the following questions and points of discussion:
– What levels of concretization and abstraction can we find in gestural sign carriers? If we compare gestures and the visual arts in this respect, what similarities or differences can be found? What can we learn, for instance, from representations of gestures in drawings and cartoons?
– How are processes of concretization and abstraction distributed across the manual and speech modalities? Which semiotic concepts allow us to account for these processes to a high degree?
– In what ways do different gesture types exhibit similarities and/or differences regarding processes of concretization and abstraction?
– Are there language-specific or culture-specific differences? In particular, if we compare signed languages and co-verbal gestures, what are the commonalities and differences?
– How do gestures differ from actions? To what extent are gestures abstracted from actions? What is the role of ritualization?
– How have gestures evolved ontogenetically and phylogenetically? What is the role of certain processes of concretization and abstraction for specific levels of evolution? What can be said about parallels between human and non-human primates?
In view of these questions, a special focus of the panel will be on the topics of deixis and indexicality, metonymy and metaphor, ritualization and stylization, as well as on specification and concretization of lexical meaning and mental imagery via gestures.
The abstract may be submitted in either German or English and should not exceed one page. Deadline for submitting abstracts is July 4, 2008. Notifications of acceptance will be sent out by the end of July, 2008. contact:
science@ellenfricke.de.